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Extrait du journal "l'oeil du Sahel" N°56

GESSE ROY :  L’engagement

 

Il est jeune, il est talentueux, il adore la musique. Gesse Roy, de son vrai nom  GNOWA SIMON, est un artiste-musicien engagé. Originaire de l’Extrême-Nord du Cameroun, cet ingénieur des télécommunications a décidé de faire de la musique, une arme de combat : Combat pour les droits, combat pour la femme, combat pour les démunis et les déshérités.
Gesse Roy vient de mettre sur le marché discographique un nouvel album baptise « EXORCIST », disponible en CD et double volume K7 audio. Déjà en 1996, il avait sorti son tout premier tube intitule " Legalize The Justice ". L’artiste s’est entretenu à Douala où il vit, avec Léon Bernard GARA.

Qui est Gesse Roy ?

C’est moi. Sans blagues. Je suis Gnowa Simon, ingénieur des télécoms, originaire de l’Extrême-Nord du Cameroun. Je voudrais dire à vos nombreux lecteurs que je suis un ancien élève du lycée de Guider et du lycée classique et moderne de Garoua. Je compose et interprète mes propres chansons. J’aime la musique en général et la musique afro-caribéenne en particulier. J’aime aussi les ordinateurs et le sport.

Depuis quand êtes-vous dans la musique et pourquoi avoir choisi le Reggae ?

J’y suis effectivement depuis 1991, date de création de mon groupe « Gesse Roy and the Vibrations » en Allemagne où je poursuivais mes études supérieures. Mais bien avant cette date, j’écrivais des poèmes au lycée que j’ai peu a peu transformés en chansons, ceci grâce à la musique de mon idole Bob Marley qui ne cessait de me pénétrer de toutes parts. Ma première scène comme chanteur du groupe de musique du lycée classique et moderne de Garoua eut lieu en 1986. J’interprétai alors « War » de Bob Marley. Ce fut un grand succès. Depuis lors, je compris que je pouvais, moyennant quelques efforts encore, passer de poète à chanteur. Je pense que si je suis dans le Reggae, c’est parce que c’est le rythme que je maîtrise le mieux et qui semble aussi me réussir. Pas votre avis ? Le Reggae vous savez, c’est la musique dans le message et le message dans la musique. C’est un pain complet.

Parlez-nous de votre nouvel album.

Je l’ai baptisé « Exorcist ». Il comporte 16 titres dont 01 slow Reggae, un Zouk Reggae et 14 Reggae ( Roots Rock, Rock steady et Dub ). On y trouve une chanson en Foufoulde ( Sida don be gonga qui signifie le Sida existe ), trois chansons en Toupouri ( Mai T’puri ou la fille toupouri, Na dag jo et Lé Lé ), une chanson en Allemand ( Spass ohne Stress ou plaisir sans stress ) et le reste en Français et en Anglais. Il est disponible en CD et en double volume K7 audio de 8 titres chacune. Le premier volume s’intitule Maï T'pur et le second Génération Chômeur. Les thèmes y sont vraiment variés. Alors pourquoi « Exorcist » ? L’exorciste par définition c’est cette personne qui a ce pouvoir de débarrasser un être  des mauvais esprits qui le possèdent. Il s’agit là pour moi d’apporter ma modeste contribution à la lutte contre le Sida, la corruption, la faim, le chômage des jeunes et pour les droits de la femme et de l’enfant. Tout comme dans mon premier album, je fustige en bloc les politichiens, pardon les politiciens, qui ne pensent qu’à se la couler douce au détriment des pauvres citoyens qui, comble de malheur contribuent eux-mêmes à empirer leur sort. C’est triste…

Les artistes originaires du grand Nord sont un peu absents de la scène nationale. Comment expliquez-vous cela ?

Vous savez, j’ai travaillé dur pour sortir ma première œuvre qui n’a pas connu l’écho escompté. Pourtant la plupart de ceux qui l’ont découverte, l’ont bien appréciée. Que s’était-il passé ? Eh bien il s’est agi simplement d’une absence de promotion. Mon rythme est bien apprécié dans le Septentrion, mais beaucoup moins dans le grand sud du pays. Les producteurs aujourd’hui se moquent pas mal du contenu des chansons, privilégiant ainsi le beat, ce qui cogne comme qui dirait, car apparemment c’est plus rentable. Je pense que seuls le travail, le courage et la persévérance  pourront nous faire émerger. Parfois il vaut mieux la Qualité que la Quantité.

Vous parlez beaucoup des jeunes dans votre album. Pourquoi ?

Je suis d’avis que la génération qui nous a précédé, au vu du bilan actuel, avait mieux réussi dans sa mission. Celle qui nous dirige depuis belle lurette maintenant ne veut pas reconnaître son échec. Ce qui me fait dire que celle à venir n’aura pas de repère valable. En plus, les riches deviennent encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres. C’est l’hécatombe entre les deux classes. Ont droit à une bonne éducation et au travail aujourd’hui beaucoup plus les enfants des riches. Les autres, c’est la merde. C’est même là l’image de la plupart des leaders africains : Tout pour eux, Rien pour les autres. Les jeunes, c’est la preuve de l’existence d’une génération. Négligez-les et vous aurez un effet boomerang. Les jeunes en général aujourd’hui ont aussi tendance à croire que tout est facile, que tout est une question de chance, que tout se passe comme à la télé. A qui la faute ? A nous naturellement en grande partie, pour les avoir laissé croire que la Feymania paie. Mon souhait c’est de les revoir au combat. Le travail paie.

Merci Gesse Roy et bonne chance.

C’est moi qui vous remercie. Je souhaite simplement que vos lecteurs ( de L'Oeil du Sahel ) et tous les mélomanes en général se procureront mes œuvres disponibles dans les principales discothèques des différentes villes du pays. One Love!


Le Quotidien Mutations du
VENDREDI, 07 NOVEMBRE , 2003 - 10:12
Culture : Gesse Roy : Les cop’s d’abord. L’artiste donnera son premier spectacle en terre camerounaise au campus de l’université de Ngaoundéré.
Lazare Kolyang

A l'écoute de ces mélodies souvent entendues sur les ondes des radios et télévisions nationales, on peut, peut-être le reconnaître, mais il n’est jamais monté sur scène au Cameroun. Lui, c'est Gesse Roy, chanteur de reggae. Plusieurs fois annoncé en spectacle, et autant de fois déprogrammé, malgré les deux albums qu'il a déjà eu à mettre sur le marché, Gesse Roy a finalement adopté le repli sur soi-même comme solution. De son vrai nom Simon Gnowa, le prince de Ngoundaye a finalement préféré, pour aller à la rencontre de ses fans, de prendre du temps pour mieux préparer son tout premier spectacle depuis son retour au Cameroun en 1996. Et pour cette première prestation, ce sont les cop’s du campus de Dang de l’université de Ngaoundéré qui seront honorés. En même temps qu'il prépare ce spectacle, l’auteur de " Exorcist " et de " Legalize the justice " peaufine son prochain album.

Malgré la présence sur le marché discographique camerounais de ses deux premiers albums dans lesquels il aborde les thèmes aussi variés tels la justice sociale, le Sida et la guerre, le rastafari qui chante en allemand, en français, en fulfuldé, en anglais et en toupouri, sa langue maternelle, reste très peu connu de nombreux mélomanes. " Je suis dans la musique depuis 1991, date de création de mon groupe " Gesse Roy and the Vibrations ", en Allemagne où je poursuivais mes études supérieures. Mais bien avant cette date, j’écrivais déjà au lycée des poèmes que j’ai peu à peu transformé en chansons, ceci grâce à la musique de mon idole Bob Marley . Ma première scène comme chanteur du groupe de musique du lycée classique et moderne de Garoua eut lieu en 1986.

J’interprétais alors " War " de Bob Marley. Ce fut un grand succès. Depuis lors, j’ai compris que je pouvais, moyennant quelques efforts encore, passer de poète à chanteur ", explique celui qui est aujourd’hui cadre à la Camtel, à Douala. Malgré la diversité des thèmes et des langues utilisées par Gesse Roy pour véhiculer le message, l’accueil réservé aux œuvres semble traduire la fibre régionale. Il affirme que " le premier album baptisé " Legalize the justice " sorti en 1995, n’a pas assez marché, faute de promotion. Le deuxième, " Exorcist ", produit en juillet 2001, a quant à lui " bénéficié de davantage d'écho peut être à cause de la variété de langues. Du coté du Grand Nord, je pense que le dernier album a connu un très grand succès, parce que je me fais appeler par certains titres de l’album, c’est bon signe ".

Certains ratés relevés dans l’organisation des spectacles entrepris par des personnes peu honnêtes, sont autant de pièges devant lesquels Gesse Roy a voulu prendre du recul pour mieux sauter, afin de les éviter, si on exclut le premier échec dû à un problème de santé. " Le premier qui devait avoir lieu à Ngaoundéré n’a pas marché parce que, après quinze ans, j’ai attrapé un paludisme qui m'a vraiment secoué. A deux jours du spectacle, tout était prêt pour que je puisse monter sur scène. J’avais déjà mon billet d’avion. Mais le palu m’a laissé des blessures à la bouche. Il m’était donc pratiquement impossible d’articuler. Ce spectacle avait été organisé par deux enseignants de l’université de Ngaoundéré, en collaboration avec l’alliance française ", affirme-t-il. La deuxième expérience malheureuse porte les griffes d’un organisateur de spectacles qui n’aurait pas fait le travail attendu pour que le spectacle se déroule. Il déclare que "l’organisation me revenait pratiquement. Ceux qui étaient en charge du dossier m’ont caché que tout dépendait de mes poches ". Tous ses albums ont été produits en Allemagne, tout simplement, dit-il, " parce que j’ai des amis en Allemagne qui sont propriétaires de studios et qui sont eux même ingénieurs de sons ".

 

 

 
 

 

De nouvelles oeuvres musicales en gestation

Enfin. Il est dans les bacs. Le nouveau Gesse Roy baptisé "Esprit REBEL Spirit" vient mettre fin à la longue attente de ses fans. 10 titres chantés en Tupuri, Allemand, Français et Anglais.

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